Les femmes ont dépassé leurs réticences face à la technologie et se sont approprié Internet. Mais elles souhaitent davantage de contenu spécifique et veulent trouver des moyens efficaces pour faire vivre leurs réseaux, privés et professionnels.
On bavarde en ligne, on achète, mais on en voudrait plus. On... ce sont les femmes. Elles représentent 47 % de la population des internautes français (27 millions de personnes), alors que la parité a été atteinte aux Etats-Unis dès 2002. Dans l'Hexagone, les choses évoluent rapidement, si l'on en croit l'étude « Profiling Ipsos 2006 », car, parmi les 18-29 ans, 86 % des femmes surfent, contre 80 % des hommes du même âge. Sur le Net, ce sont les outils de communication qu'elles se sont le mieux appropriés : selon l'étude, 49 % ont une messagerie instantanée, 44 % participent à des forums de discussion et 43 % font du mail. « Le mail, c'est l'outil des parents, ça fait vieux. La messagerie est celui des jeunes », a constaté Marie-Christine Levet, présidente de T-Online France-Club Internet venue discuter de l'Internet au féminin au club Alcatel, la semaine dernière à Paris.
54 % des blogueurs
Les achats des femmes en ligne sont encore très typés. Dans le Top 5 d'Ipsos, on trouve les produits de soins et de beauté (76 %), la mode et accessoires (68 %), les livres (50 %), les sorties et spectacles (50 %) et, enfin, les courses alimentaires (50 %). En général, elles passent moins de temps en ligne que les hommes (9 heures par semaine contre 11 heures pour les seconds), mais le temps qu'elles consacrent au Net aurait augmenté de 63 % ces trois dernières années. Cela devrait continuer, parce que de nouvelles applications sont appréciées par le public féminin : les sites de partages de photos, les sites de ventes privées et... les blogs. Sur plus de 7 millions de blogueurs en France, 54 % seraient des femmes.
Le succès des blogs s'explique
peut-être par le manque de contenu spécifiquement dédié au public
féminin francophone. S'il existe de grands sites généralistes, comme
Aufeminin.com,
« on manque de contenu et de clubs privés, pour partager les choses, en sécurité », a observé Caroline I-R, éditrice de
«International Parents ».
« Après le boom des années 2000, beaucoup des sites dédiés aux femmes ont disparu, emportés par la bulle. Et les deux grands éditeurs de journaux féminins, Lagardère et Prisma Presse, ne sont pas ou peu présents sur Internet », constate Marie-Christine Levet.
Si le contenu les attire, les femmes veulent davantage de temps pour en profiter, aussi bien sur le lieu de travail qu'à la maison. Autre voeu : avoir du temps pour cultiver ses réseaux, qu'ils soient privés ou professionnels. Les nouveaux outils Internet, comme les réseaux sociaux (dans lesquels les uns et les autres s'ouvrent leur carnet de relations), n'ont pas encore convaincu. Des réseaux mieux ciblés, à l'instar d'European Women's Network, pour aider les femmes à progresser dans la vie professionnelle semblent obtenir davantage d'adhésion. « Mais il y a aussi des petits sites communautaires, comme Peuplades.fr, un site de quartier où l'on peut échanger des services, discuter avec les mères de l'école, qui devraient bien se développer », souligne Marie-Christine Levet.

















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